« Je suis étranger et je n’ai jamais cotisé de toute ma vie, voici le montant de ma retraite en 2026 »

On entend régulièrement que des étrangers arrivant en France sans avoir jamais cotisé en France pourraient percevoir une « retraite de 1 000 € ». En réalité, cette affirmation prête à confusion. Ce montant correspond à l’Allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa), autrefois appelée minimum vieillesse. Il ne s’agit pas d’une pension classique, mais d’un dispositif social soumis à des règles strictes. Mieux vaut donc comprendre quelles sont les conditions d’éligibilité, le fonctionnement de ce complément et pourquoi il est impossible d’en bénéficier automatiquement juste après son arrivée sur le territoire.

Qu’est-ce que l’Aspa et à qui s’adresse-t-elle vraiment ?

L’Aspa, héritière du minimum vieillesse, vise à garantir un revenu minimal pour les seniors vivant en France. Ce filet de sécurité sociale protège ceux dont les ressources sont insuffisantes au moment d’atteindre l’âge légal de départ à la retraite.

Contrairement à la croyance populaire, l’Aspa n’est pas une retraite contributive. Elle cible principalement les personnes de plus de 65 ans (ou dès 62 ans en cas d’inaptitude ou de statut particulier comme réfugié, apatride, ancien combattant, ou ressortissant de certains pays). Pour y prétendre, il faut résider au moins 9 mois par an en France de façon stable. Les critères sont donc précis et excluent tout accès automatique.

Quelle différence entre Aspa et retraite classique ?

L’Aspa sert à compléter les revenus afin d’atteindre un seuil annuel défini, mais ne repose pas sur des droits acquis via des années de cotisation en France. Le montant varie selon les ressources totales du foyer. Les personnes ayant eu de faibles salaires, ou n’ayant jamais travaillé, peuvent parfois y prétendre si elles remplissent toutes les conditions requises.

À la différence d’une retraite basée sur la cotisation en France, l’Aspa est une aide différentielle : elle vient seulement combler l’écart jusqu’au plafond fixé. Toute source de revenu supplémentaire – pension étrangère, petite retraite, loyers – fait baisser le montant versé. Seules les personnes sans aucun revenu peuvent toucher le maximum prévu.

Quels montants peut-on espérer obtenir avec l’Aspa ?

En 2024, le montant maximum de l’aide s’élève à 1 043,59 € bruts mensuels pour une personne seule et à 1 620,18 € pour un couple. Mais ce niveau n’est accessible qu’en l’absence totale de ressources annexes. L’Aspa n’est donc ni une allocation universelle ni systématique pour tous les plus de 65 ans présents en France.

Autrement dit, chaque euro perçu – qu’il s’agisse d’une pension étrangère ou d’autres revenus – sera déduit du montant de l’Aspa. Cette prestation garantit simplement un niveau de vie minimal reconnu par la loi, sans jamais dépasser le plafond fixé.

  • Âge minimum requis : 65 ans (ou 62 ans dans certains cas particuliers)
  • Résidence en France : au moins 9 mois par an, de façon stable
  • Absence de revenus ou très faibles ressources
  • Montant maximum de l’aide : 1 043,59 € pour une personne seule, 1 620,18 € pour un couple

Qui peut toucher l’Aspa quand on est étranger ?

Pour les étrangers, l’accès à l’Aspa implique des exigences supplémentaires. La question de la cotisation en France se pose souvent, mais c’est surtout la condition d’un séjour régulier de dix ans qui prime pour la grande majorité des demandeurs.

Certaines exceptions existent néanmoins. Sont concernés les réfugiés, apatrides, anciens combattants, ainsi que les ressortissants de l’Union européenne, de la Suisse ou de pays liés à la France par des conventions (par exemple : Maroc, Algérie, Tunisie, Turquie, Israël, Mali, Sénégal, Togo, etc.). Ces publics peuvent accéder à l’Aspa sans remplir la totalité de la durée de résidence, sous réserve de critères aménagés.

Pourquoi le séjour régulier de 10 ans est-il exigé ?

L’État souhaite s’assurer que l’attribution d’une aide publique importante corresponde à un véritable ancrage en France. Ce critère de durée vise à éviter tout versement immédiat de l’Aspa à l’arrivée sur le sol français. Ainsi, seules les années passées avec un titre de séjour valide comptent.

Un étranger nouvellement arrivé sans cotisation en France ne pourra donc pas prétendre à l’Aspa ni à une soi-disant retraite de 1 000 €. Il faudra attendre dix ans de séjour régulier et prouver l’absence de revenus suffisants pour ouvrir droit à ce soutien différentiel.

Que se passe-t-il pour les citoyens européens ou bénéficiaires d’accords internationaux ?

Certains étrangers profitent de dispositifs adaptés grâce à des accords bilatéraux ou européens. Dans ces situations, les périodes d’assurance accomplies à l’étranger peuvent être prises en compte. L’étude du dossier tient alors compte à la fois des ressources globales et des conventions internationales signées.

Néanmoins, aucune exception ne permet de contourner l’ensemble des règles d’éligibilité. Résider effectivement sur le territoire, justifier d’un séjour régulier suffisamment long et vivre sans revenu stable restent des conditions indispensables. Les raccourcis sur la « retraite des étrangers » ou la simple « cotisation en France » sont donc infondés.

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